20/02/2012
Soro maintenu ministre d'Etat, ministre de la Défense?
SELON LE SITE INDÉPENDANT d’informations, spécialisé sur la Côte d’Ivoire (www.connectionivoirienne.net), en vue de tenir la promesse faite au Président Bédié, un premier ministre issu du Pdci-Rda sera nommé par le Président de la République, aux lendemains des législatives partielles et de la mise en place du nouveau particulièrement. Selon des sources concordantes, le nouveau gouvernement pourrait être connu entre le 7 et le 15 Mars. Cela permettra de rendre effective l'exécution du budget 2012. Dans l'attente du nouveau gouvernement et pour éviter que ce budget, soit déjà engagé par des ministres qui pourraient changer de portefeuilles, ou quitter le gouvernement peu après, sa notification aux différents membres du gouvernement n'a pas encore été faite, dans la perspective de la mise en place du nouveau parlement. Le profil et les conditions pour être le futur Premier ministre sont clairs: être Pdci et être Baoulé, être éventuellement capable de mobiliser la base PDCI pour une campagne électorale présidentielle. Alassane Ouattara veut témoigner sa reconnaissance aux militants du PDCI en général et en particulier aux Baoulés de toutes les zones du pays, qui ont répondu à l'appel du président Bédié. Par ailleurs, dans la perspective d'un second mandat, même s'il ne peut tabler dès maintenant sur une non candidature du parti vert et blanc au premier tour de la prochaine présidentielle, Alassane Ouattara espère rallier encore à sa cause le PDCI lors d'un éventuel second tour. Pour ces raisons, Daniel Kablan Duncan, qui est Pdci et Akan, mais pas Baoulé, est écarté de la course malgré sa proximité avec les présidents Bédié et Ouattara. De plus, le nom d'Allah Kouadio Remi, originaire de Toumodi qui avait été cité, a aussitôt disparu, parce qu'il n'incarne pas un leadership d'envergure. Idem pour Niamien Ngoran, qui espérait pourtant voir son mentor Bédié penser à lui. Restent maintenant le néomilitant du Pdci Charles Diby Koffi, et Ahoussou Jeannot actif dans le Pdci depuis 20 ans.
Charles Diby Koffi, qui a longtemps joué la carte de la société civile, est désormais inscrit sur le fichier des militants du PDCI. Une adhésion qui est parue naturelle à ses parents et aux militants du vieux parti, qui l'ont toujours revendiqué et réclamé comme un des leurs. Ahoussou Jeannot, leader des élus du centre dispose lui aussi d'atouts. Le président Bédié hésiterait entre les deux cadres. Quelques langues avaient affirmé que l'oiseau rare ne sera ni l'un ni l'autre, mais un visage nouveau et surprenant que Bédié et Ouattara veulent promouvoir. Selon ces mêmes langues et sources, c'est cette quête de l'oiseau rare qui aurait retardé l'exécution de la promesse du Président Ouattara au PDCI. ‘’Faux’’, rétorquent d'autres observateurs qui assurent que les hommes qu'il faut pour la mission existent et qu'il faut leur faire confiance, tout simplement ! Autre nouvelle qui circule, en dehors de la question du futur Premier ministre : alors que tout le monde l'annonce à la présidence de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro pourrait bien rester dans le gouvernement en qualité de Ministre d'Etat, Ministre de la défense. Il devra alors parachever la réforme de l'armée et garder la main dans l'action politique, alors que la fonction de président de l'Assemblée nationale pourrait bien être une situation difficile à gérer pour lui: se contenter d'être président au parlement, rester dans la représentation, d'exécuter la politique d'accompagnement du chef de l'état, rester loyal sans aucun calcul, ne pas montrer des signes d’impatiences, à rester dans l'inaction à peine quarante ans, parce qu'on est président de l'Assemblée Nationale, devenir un homme à abattre dans cette situation inconfortable de dauphin. Si un schéma de maintien au gouvernement est retenu, Guillaume Soro, qui deviendra alors numéro 2 du gouvernement, pourrait être le seul ministre d'Etat, même si la qualité d'ancien Premier ministre de Daniel Kablan Duncan rend difficile un tel schéma, dans le cas du maintien de l'actuel Ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères. Pour les autres, une rétrogression au niveau du rang protocolaire ne devrait pas poser de problème. Toutes les options sont en cours d'études.
Interrogé récemment à son retour de France, le chef de l'Etat ivoirien avait dit que rien n'avait été encore décidé sur la question. Toutefois, SEM Alassane Ouattara avait reconnu avoir réfléchi à la question, et à toutes les options pouvant s'offrir. L'option générale qui présidera au remaniement ministériel, sera de prendre en compte la durée. Ainsi, à part une poignée de ministres qui ont brillé par leur immobilisme et qui n'ont pas su tirer profit de la géopolitique, ayant présidé à leur choix, aucun grand chamboulement ne devrait avoir lieu. Selon nos sources, le chef de l'Etat estime qu'il faut au moins deux ans pour juger le travail d'un ministre. La campagne électorale prochaine étant encore lointaine (même si selon le président Bédié un homme politique est toujours en campagne), Alassane Ouattara pourrait donc y aller à dose homéopathique.
L’Intelligent d’Abidjan