Interview de Lionel Messi

L'année dernière, Lionel Messi a remporté le titre de Joueur Mondial de la FIFA ainsi que le Ballon d'Or France Football. Cette saison, pour la première fois dans l'histoire, les deux récompenses fusionnent en un seul trophée, que Messi convoite une nouvelle fois. C'est de cela que l'Argentin parle en exclusivité au micro de FIFA.com. Il évoque également la rencontre amicale à venir face au Brésil, la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010, ainsi que la fondation caritative qui porte son nom.

 

Lionel Messi, à chaque entretien, vous énumérez de nouveaux objectifs. Il ne doit plus en rester beaucoup, n'est-ce pas ?

Un seul, à vrai dire. J'ai atteint tous mes objectifs, sauf la Coupe du Monde. L'élimination contre l'Allemagne m'a fait mal. Le coup a été très dur, car nous visions bien plus haut. C'est arrivé au pire moment. Nous pouvions aller loin dans ce tournoi. C'est dommage.

 

Certains de vos coéquipiers barcelonais, comme Xavi ou Andrés Iniesta, ont reconnu qu'ils ont été soulagés quand vous avez été éliminés par l'Allemagne. Ils ont justifié leur point de vue en disant que l'Argentine aurait été un adversaire très difficile en demi-finale…

Je pense qu'ils ont raison. Même si nous avons eu du mal à nous mettre en route, au fil des matches, nous sommes montés en puissance et nous avons toujours fini par atteindre un bon niveau de jeu. Par le jeu justement et par les résultats aussi, nous avons obtenu le respect de tous. De toute façon, quel que soit notre état de forme, tout le monde sait que l'Argentine est un adversaire difficile. Nous l'avons démontré il y a peu de temps à Buenos Aires, en mettant quatre buts à l'Espagne championne du monde.

 

Vos coéquipiers espagnols sont-ils favoris pour remporter le FIFA Ballon d'Or 2010 ?

Il est certain que la dernière Coupe du Monde pèsera lourd dans la décision finale. De ce point de vue, ils sont avantagés. Si ce n'est pas moi qui gagne le Ballon d'Or, alors j'espère que ce sera un de mes coéquipiers du Barça. Les noms de Xavi et Iniesta circulent beaucoup. C'est normal. Ce sont deux très grands joueurs et deux personnes merveilleuses. Ils le méritent.

 

Pour ce qui est des entraîneurs, à qui le donneriez-vous ?

Là encore, je resterais fidèle à mes couleurs. Je le donnerais à Pep Guardiola, non seulement parce que c'est un entraîneur qui gagne, mais aussi pour sa philosophie de jeu. Son arrivée au Barça a été le début d'une période fantastique. Ensuite, je n'oublie évidemment pas José Mourinho. Après son triplé avec l'Inter, il a commencé à donner un nouveau visage au Real Madrid. Mais comme je le disais, la Coupe du Monde aura une importance décisive dans l'attribution du trophée. C'est pourquoi je pense que Vicente del Bosque ou Joachim Löw peuvent y prétendre. Voilà pour moi les quatre entraîneurs qui ont le plus de chances de gagner.

 

Vous avez déclaré récemment qu'on se servait de vous pour créer de faux problèmes au sein de l'équipe d'Argentine. Restez-vous sur cette posi tion?

Absolument. Tout ce qui ne fonctionne pas est ma faute, même si je n'ai rien à voir là-dedans. Ma réaction est de mettre tout cela de côté pour me concentrer sur ce que je sais faire, c'est-à-dire jouer au foot. J'essaie aussi de faire très attention à ce que je dis, parce que tout finit par vous revenir. Le problème, c'est qu'on cherche sans arrêt des interprétations là où il n'y en a pas. C'est fatigant. Je le dis depuis toujours et je le répète : ma seule ambition est que l'Argentine aille le mieux possible, à tous points de vue. Je ne suis pas du genre à chercher la polémique avec qui que ce soit.

 

Avez-vous récemment parlé avec Diego Maradona ?

Oui, nous parlons assez souvent. Avec Diego, il n'y avait aucun problème. C'est la même chose maintenant avec Sergio Batista. En sélection, je suis un joueur parmi d'autres. Je m'applique à bien jouer, comme n'importe qui. Les questions liées à la Fédération argentine de football, ce n'est pas à moi de les gérer. Il y a des responsables chargés de prendre des décisions. Tout cela ne me regarde pas, ni de près ni de loin.

 

En dehors du football, comment sont vos relations personnelles avec Maradona ?

Excellentes. Je l'ai déjà dit et je le répète : elles ont toujours été bonnes et elles le restent. On raconte tellement de choses. Il y a toujours des personnes pour déformer la réalité et semer la zizanie. Mais j'insiste : pendant la Coupe du Monde, tout s'est très bien passé entre nous.

 

Est-on en train d'assister à l'arrivée d'une nouvelle génération en équipe d'Argentine ?

Incontestablement, oui. Le groupe commence à très bien se connaître. Aujourd'hui, nous avons l'entraîneur et une grande partie de l'équipe qui ont gagné la médaille d'or en 2008. En finale à Pékin, il y avait déjà (il cite de mémoire) Sergio Romero, Pablo Zabaleta, Ezequiel Garay, Nicolas Pareja, Luciano Monzón, Fernando Gago, Javier Mascherano, Angel Di María, Juan Riquelme, el Kun Agüero et moi. Ensuite, Ever Banega, Ezequiel Lavezzi et José Sosa sont entrés. La plupart de ces joueurs étaient présents en Afrique du Sud et sont toujours en équipe nationale.

 

Reverra-t-on Juan Román Riquelme en équipe nationale ?

Là encore, la décision ne m'appartient pas. C'est Batista qui décide. Les grands joueurs apportent toujours quelque chose. Il en fait partie.

 

Parlez-nous de Javier Pastore…

Il a fait énormément de progrès à Palerme. Je le connaissais déjà un peu quand il jouait à Huracán. Ensuite, j'ai pu apprécier ses qualités à la Coupe du Monde, même s'il a eu peu de temps de jeu. Au Japon, nous avons joué ensemble. Le courant passait bien. Il a tout pour devenir un grand joueur. Il ira loin, j'en suis persuadé.

 

On peut imaginer que votre objectif maintenant est la Coupe du Monde de la FIFA 2014 et avant cela, la Copa América…

Tout à fait. La Copa América va être très importante pour nous car nous serons à domicile. Devant notre public, nous n'aurons pas le droit à l'erreur. Nous allons devoir mettre les bouchées doubles et gagner cette coupe.

 

Qui seront vos principaux adversaires ?

Le Brésil, comme toujours. L'Uruguay, qui a fait un grand tournoi en Afrique du Sud grâce à Luis Suárez et Diego Forlán, mais pas seulement. C'est une équipe compacte, bien organisée. Il ne faut pas oublier non plus le Paraguay, redoutable en défense. L'Espagne s'en est rendu compte à la Coupe du Monde. Et puis il y a le Chili, même s'il va peut-être souffrir du départ de Marcelo Bielsa. Toutes ces sélections constituent des adversaires dangereux. Elles ont le potentiel pour nous poser des problèmes.

 

Vous allez bientôt affronter le Brésil en amical…

Je suis impatient de jouer ce match. Au Tournoi Olympique de Pékin, nous les avions battus 3:0. C'est un rendez-vous spécial, comme toujours, ne serait-ce qu'à cause de Ronaldinho, qui est un vrai frère pour moi. Avec Deco, il m'a énormément aidé à mes débuts au Barça. Je leur en suis extrêmement reconnaissant à tous les deux et leur souhaite les meilleures choses. Tout ce que je sais par rapport au Brésil, c'est que je n'ai jamais gagné contre cette équipe chez les seniors. J'ai perdu contre eux en finale de la Copa América au Venezuela. Mais il y a une première fois pour tout... (rires)

 

Qu'attendez-vous de cette saison ?

Toujours pareil : essayer de gagner un maximum de titres et remporter un premier trophée avec l'Argentine. La Copa América serait un bon début. Et aussi, éviter les blessures.

 

Laissons un peu le football de côté. Vous êtes aussi à la tête d'une fondation caritative, n'est-ce pas ?

Oui, c'est une fondation qui porte mon nom et dans laquelle travaillent mon père Jorge, mon frère Rodrigo et beaucoup d'autres gens. Pour ma part, j'essaie d'améliorer la vie des gens, à commencer par les enfants, qui souffrent un peu partout dans le monde.

 

Avant Afrique du Sud 2010, vous avez participé à une campagne avec la FIFA en faveur des enfants sud-africains…

La campagne "Le football pour la santé", effectivement. Tout ce qui est fait pour les enfants est positif car c'est à cet âge que les choses se fixent. Si on peut aider, il faut le faire. Pas seulement moi, mais tous les footballeurs. Il y a beaucoup de joueurs qui parrainent des fondations, des écoles et même des hôpitaux dans leur pays.

 

Il y a aussi une campagne entre adidas et votre fondation pour créer un parc destiné aux enfants hospitalisés à l'hôpital Valle Hebrón de Barcelone. Vous parrainez également un échange de médecins entre Rosario et Barcelone.

Le projet avec adidas est surtout destiné aux enfants sud-américains, qui souffrent de l'exploitation et ont besoin de l'aide de tous pour pouvoir étudier et arriver à l'âge adulte avec des possibilités. Concernant l'échange de médecins, c'est mon père qui a eu l'idée. Nous allons donner des bourses pour que des étudiants en médecine terminent leur formation ici et retournent exercer en Argentine. Pour ce qui est du parc du Valle Hebrón, c'est une initiative que nous voulons reproduire ailleurs. J'ai été très impressionné quand j'ai visité cet hôpital à Noël. C'est là que l'idée m'est venue. Depuis, beaucoup de personnes ont collaboré au projet. Grâce à Dieu, de nombreuses actions voient le jour.

 

C'est un point commun que vous avez avec votre ami Ronaldinho. Vous êtes un peu "l'ange gardien" des enfants…

Vous savez, il n'y a rien de plus gratifiant que de voir un enfant souriant et heureux. Je fais toujours tout mon possible pour les enfants, au minimum en leur accordant un autographe. Le sourire d'un enfant vaut plus que tout l'argent du monde.

 

fifa.com

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